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Paris : Immeuble de la rue Vavin
Fiche DOCOMOMO
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©Photographie Fabienne Chevallier |
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Fichier
international de DoCoMoMo
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1.
IDENTITE DU BÂTIMENT OU DE L’ENSEMBLE
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nom
usuel du bâtiment :
variante
du nom:
numéro
et nom de la rue :
ville
:
pays
: |
Immeuble de rapport
“La sportive”
26, rue Vavin
Paris code
: 75006
France
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PROPRIETAIRE ACTUEL |
nom :
adresse :
téléphone :
fax : |
SOGEVIM (Syndic des co-propriétaires)
33, rue de la Roquette 75011 Paris.
01 43 55 95 89
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ETAT DE LA PROTECTION
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type :
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Inscription des façades et des toitures à l'I.S.M.H.
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date :
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15 janvier 1975
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ORGANISME RESPONSABLE DE LA PROTECTION
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nom :
adresse :
téléphone :
fax :
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D.R.A.C. Île-de-France.
98, rue de Charonne. 75011 Paris
01 56 06 50 00
01 56 06 52 48
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2. HISTOIRE DU BÂTIMENT
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commande :
Maître d'ouvrage : Société des Maisons à Gradins. Société anonyme constituée le 7 juin 1912 par H. Sauvage, Ch. Sarazin, Horace Weill, Emile Leveu, au capital de 400000 F en vue de réaliser l'immeuble du 26, rue Vavin.
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architecte : Henri Sauvage, Charles Sarazin
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autres architectes et intervenants :
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ingénieurs : Pierre Lecoeur, ingénieur-constructeur béton armé.
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contractants:
Terrassements : Pujol ; substructions : Botte ; maçonnerie : Chaurin ; parquets : Fender ; menuiseries : Brière ; revêtements céramiques : maison Hte Boulenger et Cie ; peintures et vitrerie : Chauvet ; charpente : J. Borderel ; grand escalier en pierre : Bion; installation de l'ascenseur et des monte-charges : Vernes , Guinet et Sigros ; électricité : Galey frères ; plomberie et couverture : L. Soulé et fils ; structure ciment armé : Pierre Lecoeur ; installation de chauffage central : Drevet et Lebigre ; quincallerie et serrurerie : E. Borderel ; fumisterie : Filippini ; stores roulants : Haensler ; linoléum : Bourreau ; porte en fer : Pinget et Vivinis ; papiers peints : Ruhlmann ; cheminée : Gentil et Bourdet ; marbrerie : Huvé ; tapis : Laplante ; enseignes : Dewez ; main courante : Sarrade ; bronzes d'éclairage : Thiébaut ; poulain : Séguin ; chauffage intensif : Deligny ; mosaïques : Alloy et Foscato.
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CHRONOLOGIE
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date du concours :
date de la commande :
période de conception:
durée du chantier : inauguration :
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c. juin 1912
juin-septembre 1912
début : fin 1912 fin : fin 1913
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ETAT ACTUEL DU BÂTIMENT
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Usage :
Immeubles comportant appartements à usage privé, commerces.
Etat du bâtiment :
Bon état
Résumé des restaurations et des autres travaux conduits, avec les dates correspondantes:
Déplacement de la porte et du hall d'entrée, c. 1930 (Schroeder, architecte). Déplacement d'un passage carrossable (Id.). Restauration des façades, décidée par arrêté du 05/08/1988.
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©Photographie Fabienne Chevallier |
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3. DOCUMENTATION / ARCHIVES
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archives écrites, correspondance, etc :
Archives privées
Archives de Paris (VO "3816 : dossier permis de construire)
dessins, photographies, etc :
Documentation Henri Sauvage / I.F.A.
Institut Français d'Architecture / Archives d'Architectures du XX° siècle / Archives Henri Sauvage, cote 18/87
Archives de Paris (VO"3816 : plans joints au dossier P.C.)
autres sources, films, video, etc :
principales publications (par ordre chronologique) :
Culot (M.), Grenier (L.), (contributions de Delevoy (R.), Loyer (F.), Taylor (B.-B.), Grumbach (A.), Miotto-Muret (L.), Gübler (J.), Henri Sauvage 1873-1932, AAM / SADG, Bruxelles-Paris, 1977.
Loyer (François), Guéné (Hélène), Henri Sauvage, les immeubles à gradins, Mardaga, Bruxelles-Liège, 1987, 159 p.
Minnaert (Jean-Baptiste), Henri Sauvage, architecte (1873-1932), Université Paris IV / La Sorbonne, 1993, 5 vols. (thèse de doctorat).
Minnaert (Jean-Baptiste) / I.F.A., The Architectural drawings of Henri Sauvage, Paris / New York, I.F.A./Archives de Paris/Garland Publishing, 1994, 2 vol.
Minnaert (Jean-Baptiste), Henri Sauvage 1873-1932, Norma, 2001, 448 p.
articles / revues françaises :
"Maisons à gradins", La Construction Moderne, 15 mars 1914, p. 288.
Honoré (F.), "La maison à gradins - Un nouveau type de construction", L'Illustration, 21 mars 1914, n° 3708, p. 220-221.
"Maisons à gradins, rue Vavin, à Paris", La Construction Moderne, 20-27 septembre 1914, p. 577-580, pl. 125-127.
"Planches LXVIII et LXIX - Maison rue Vavin à Paris - H. Sauvages et Sarazin, architectes", L'Architecte, octobre 1924, p. 82-83, fig. 102-103.
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4. DESCRIPTION DU BÂTIMENT
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Le système de construction en gradins est l'objet de plusieurs études préparatoires qui remontent à 1909. Il est breveté par Henri Sauvage et Charles Sarazin le 23 janvier 1912.
La demande de permis de construire du 26 rue Vavin, initialement pour un projet d'immeuble de huit étages baptisé "Maison à gradins sportive", est déposée à la Préfecture de Paris le 5 juin 1912 par la Société des Maisons à Gradins, maîtresse d'ouvrage. Au rez-de-chaussée, prennent jour des boutiques élevées sur les trois premiers niveaux du volume central. A l'arrière de chacun des deux appartements par étage est adjoint : une bibliothèque, une salle d'escrime ou de gymnastique, un palmarium ou encore un atelier d'artiste. Une telle surface habitable est autorisée par l'utilisation du volume central, ménagé par la section semi-pyramidale de l'immeuble en gradins.
Après le rejet du premier projet, le 17 juin 1912, pour insuffisance d'ensoleillement et de ventilation des pièces placées au centre du bâtiment, les architectes soumettent un deuxième projet. Celui-ci comporte désormais deux cours qui délimitent un parti en T. Désormais chacun des six étages comporte trois appartements. Il n'est plus prévu d'"équipement de loisirs", exceptés les ateliers au dernier étage. Sauvage et Sarazin démontrent à l'architecte-voyer que l'immeuble ne dépasse pas de manière significative le gabarit réglementaire, que la pente des gradins est parfois en deçà du gabarit, et permet un angle d'ensoleillement et un volume d'air plus important qu'une élévation traditionnelle. La Commission supérieure de Voirie accorde une tolérance le 5 juillet 1912, mais le Directeur des services d'architecture, Louis Bonnier, s'il reconnaît l'intérêt du projet, refuse la délivrance du permis de construire.
Le 11 septembre 1912, Sauvage et Sarazin présentent un troisième projet, très proche du deuxième : "(...) Nous n'avons modifié que les coupes et plans des deux derniers étages, de façon à rentrer strictement dans les gabarits qui sont imposés par les règlements (...)." Le projet est adopté le même jour.
L'immeuble est construit sur une structure en béton armé conçue et réalisée par l'ingénieur Pierre Lecoeur. Les façades sont recouvertes de carreaux en grès cérame biseautés blancs de la maison Hte Boulenger et Cie (de même type que le carrelage utilisé pour le Métro parisien). Les murs extérieurs de remplissage sont doubles avec matelas d'air isolant. L'immeuble comporte ascenseur, monte-charges, chauffage central. Les plans d'appartements sont conventionnels, à ceci près que les chambres de domestiques, placées sur cours, sont au même étage que l'appartement des maîtres. Aucune moulure ne décore les appartements. Les deux volumes centraux, peu éclairés, ne reçoivent pas d'affectation précise. Celui de droite est occupé, de 1919 à 1931, par l'agence d'Henri Sauvage.
Vers 1930, Schroeder, nouvel architecte de la Société des Maisons à gradins, déplace le hall d'entrée, depuis la travée centrale à la travée placée juste à droite, et déplace le passage carrossable de deux travées vers la gauche. Le 10 mai 1928, puis le 23 mars 1937, une demande d'autorisation de surélévation de l'immeuble est déposée à la Préfecture par la Société des Maisons à Gradins et par Schroeder. Ces deux projets ne sont pas réalisés.
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©Photographie Fabienne Chevallier |
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5. RAISONS JUSTIFIANT LA SELECTION EN TANT QUE BÂTIMENT DE VALEUR REMARQUABLE ET UNIVERSELLE
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1. appréciation technique :
L'invention du système de construction en gradins est motivée par des questions d'hygiène et de lutte contre la tuberculose : le retrait de la façade à chaque étage permet un ensoleillement et une aération accrus de chaque logement, grâce à l'évasement du profil de la rue. Le carrelage Métro, blanc (et donc antiseptique), lavable, est utilisé dans le même souci d'hygiène. Une structure en béton armé permet de supporter le porte-à-faux de chaque étage sur le précédent et de ménager au centre de l'immeuble un vaste volume central qui, initialement devait abriter des salles d'escrime, des salles de gymnastique, des bibliothèques ou des ateliers d'artiste.
2. appreciation sociale :
Le système de construction en gradins est principalement conçu pour améliorer l'hygiène des logements des masses laborieuses. Mais l'engouement de la bourgeoisie, au tournant des années Dix, pour l'affirmation de la culture du corps et de l'esprit amène Henri Sauvage et Charles Sarazin à appliquer leur invention à un programme de logements de luxe, où cette aspiration serait satisfaite par des équipements spécifiques. Ces équipements d'hygiène et de loisirs, prévus initialement, vont de pair avec une forme nouvelle de maîtrise d'ouvrage ; la co-propriété par actions donnant droit à un bail à conditions privilégiées. Cette forme de copropriété se généralisera à partir des années Vingt.
3. appreciation artistique et esthétique:
La façade à gradins, habillée de carreaux en grès cérame blancs, relevée par un discret décor de carreaux bleus, fait à l'époque sensation auprès du public et auprès des professionnels. Henri Sauvage impose ici une syntaxe nouvelle où la notion rationaliste de lecture en façade de la structure et du programme n'est plus à l'ordre du jour. Car l'enjeu fondamental d'Henri Sauvage, avec le 26 rue Vavin, est d'imposer une typologie nouvelle pour l'habitat salubre et rentable au moyen d'une esthétique originale.
Au sixième étage gauche, le salon de l'ancien appartement de l'architecte et homme de lettres Frantz Jourdain a été décoré en 1913 par son fils, Francis Jourdain. Cette réalisation importante dans l'histoire des arts décoratifs est presque intacte. (L’appartement ne se visite pas, mais les rendus du projet sont conservés au Musée de Saint-Denis).
4. arguments sur le statut canonique (local, national, international) :
Le 26 rue Vavin est un édifice majeur dans l'histoire de l'architecture parisienne : il constitue un savant compromis entre le système de construction en gradins et les contraintes du règlement de voirie de 1902. Dans le contexte architectural français, le 26 rue Vavin est une réalisation visuellement et fonctionnellement novatrice, conçue par un architecte exerçant à l'écart de la commande officielle. Il heurte le conformisme de la production contemporaine d'immeubles de rapport, et se veut être le prototype de l'habitat urbain salubre (l'H.B.M. à gradins du 13 rue des Amiraux réalisée par Sauvage en 1913-1928 aura, sur cette dernière question, la même mission).
Dans le contexte international, le 26 rue Vavin offre l'un des exemples les plus éloquents de l'effort des architectes français, au début des années Dix, à élaborer de nouveaux programmes, de nouvelles formes d'habitat urbain, un nouvel art domestique où la culture du corps et de l'esprit renouvelle le mode de vie bourgeois.
5. évaluation du bâtiment en tant qu’ édifice de référence dans l’histoire de l’architecture, en relation avec des édifices comparables
Le progressif abandon de la frontalité sur rue, pour des raisons d'esthétique et pour des raisons de salubrité, motivait l'invention, dans les premières années du XX° siècle, des systèmes de rue à redans d'Eugène Hénard, d'Augustin Rey et d'Henry Provensal. Ainsi, le 26 rue Vavin, et le 13 rue des Amiraux, peuvent-ils être placés dans la continuité des groupes H.B.M. de la Fondation Rothschild (1905-1912) avec leurs partis à redans en retrait des alignements, et de l'immeuble de rapport du 25 bis rue Franklin (1903) où Auguste Perret place en façade la cour réglementaire.
Par leur remise en cause des alignements et du parcellaire ancien, en même temps que leur adaptation à ces contraintes, le 26 rue Vavin et le 13 rue des Amiraux représentent l'extrême évolution de l'urbanisme post-haussmannien. Un an après la mort d'Henri Sauvage, la Charte d'Athènes prescrira l'abolition des sujétions de l'alignement et du parcellaire.
Le 26 rue Vavin est passé à la postérité grâce à l'originalité de sa syntaxe et de sa morphologie. Son importance historique fondamentale est liée à son statut de photographie, particulièrement éloquente, du rapport de forces qui s'est noué entre, d'une part, une réglementation de voirie très stricte et, d'autre part, l'idéal d'un architecte concepteur de logements, qui ne dispose guère d'appuis institutionnels et qui fonde sa pratique sur l'interprétation novatrice des demandes les plus actuelles de sa clientèle.
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6. PHOTOGRAPHIES ET ARCHIVES VISUELLES
liste des documents assemblés dans le dossier
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1. archives visuelles originales :
A. Vue de l'immeuble, c. 1925. Archives H. Sauvage/I.F.A., cote P.18/87/04 (cliché Chavajou)
B. Vue du salon décoré par Francis Jourdain. Documentation H. Sauvage/I.F.A.
2. photographies et dessins récents:
C. Photographie de la façade, c. 1975. Cliché Augustin Ducerage. Documentation H. Sauvage/I.F.A.
D. Photographie d'un détail de la façade. Documentation H. Sauvage/I.F.A.
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Rapporteur : Jean-Baptiste Minnaert |
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