NANTES

EGLISE SAINTE-MARIE-MADELEINE


Dans le contexte tout à fait particulier de la reconstruction de Nantes et du bassin nantais, si éprouvés lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, l’architecture religieuse occupe une place particulièrement forte et énergique. Sans parler des réalisations exemplaires et bien connues de Donges (architecte Dorian) ou de Rezé (architecte Rouquet), on peut citer, entre autres, l’église Saint-Luc de Nantes, dont les plans sont dus à Pierre Pinsard.

L’église Sainte-Marie-Madeleine, si elle n’est pas la plus connue des églises élevées à cette époque dans la ville et sa périphérie, et si elle n’a pas connu la consécration éditoriale de Rezé, constitue cependant une réalisation particulièrement intéressante. Œuvre d’architectes locaux, parmi lesquels A. Guillou, auquel on doit à la même époque l’église Saint-Bohard de Saint-Nazaire, elle s’inscrit certes dans une typologie d’édifices qui caractérise l’une des tendances de l’architecture religieuse de cette période. Respectant le plan allongé, le principe d’une nef épaulée de bas-côtés, des supports graciles favorisant le dégagement d’amples espaces destinés à répondre à l’évolution liturgique et à des besoins démographiques croissants, l’église Sainte-Marie-Madeleine s’inscrit dans la tradition.

En revanche, l’église s’inscrit dans la modernité de son temps par l’ossature et l’enveloppe externe entièrement traitées en béton, usant de techniques de préfabrication, où les panneaux de béton de gravillons viennent se substituer aux antérieurs parements de maçonnerie, et, surtout, par la mise en œuvre du couvrement, particulièrement spectaculaire avec sa scansion d’arcs diaphragmes brisés. Le baptistère de plan carré, implanté à gauche de la façade (comme au Sacré-Cœur d’Audincourt), se distingue par sa couronne vitrée offrant un éclairage zénithal spécifique. Quant aux baies de la nef aux étroites lancettes, elles sont éminemment représentatives des modalités architecturales appliquées aux églises de cette période en matière d’éclairage direct ou indirect.

Incontestablement, cet édifice revêt le plus grand intérêt et mérite une enquête documentaire tout à fait approfondie, compte tenu des menaces qui pèsent sur sa pérennité. Il serait, entre autres, particulièrement intéressant de développer la question du décor, avec, la parure de verrières, œuvre de Camille Fleury – un dossier documentaire sur ce peintre-verrier existe au Musée des années trente – et la figure stylisée de la Madeleine, gravée au trait en façade par Ferrand.


  
Eglise sainte marie madeleine

 

eglise sainte marie madeleine