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L’aile, le squelette, le pied, le vocabulaire de l’architecture et de l’urbanisme emprunte à l’anatomie, au vivant. Le dessin de la maison est un moyen de représentation du corps bien connu des spécialistes de la petite enfance. La relation qui nous attache à l’architecture domestique est à rapprocher de l’histoire familiale, toute histoire familiale, qui est une histoire additive. Ajouter, augmenter, étendre pour réunir, adapter, arranger est une occupation considérablement humaine. Mais l’homme est ambivalent. Lui qui ne peut s’empêcher de compiler, admire les objets uniques ; lui qui est un être en perpétuelle transformation rêve (souvent) que rien ne change dans sa ville. Car l’acte de transformation induit un questionnement par rapport au temps qui s’écoule or, pour reprendre les termes de Jean-François Caille, « le rapport qui s’établit entre un projet d’extension et son support est fortement représentatif des relations qu’une société entretient avec son histoire. » Ancrée dans la réalité urbaine d’aujourd’hui, l’exposition COMPOSITES porte sur les mécanismes esthétiques et fonctionnels, et sur les opérations techniques et mentales de la transformation. Elle est soutenue par la problématique environnementale de « la ville sur la ville », autrement dit la problématique de la reconstruction de la ville sur elle-même ou comment une ville peut-elle croître sans consommation d’espace ? |
COMPOSITES est une exposition à quatre entrées. La première campe la problématique de l’exposition: elle est historique et montre en cinq étapes — de Phidias à Le Corbusier — les avatars de l’objet architectural, tantôt figé dans son unicité, métaphore d’un corps idéal, tantôt devenu système ouvert, accueillant le divers en un mode fusionnel. La deuxième et la troisième sont architecturales. La deuxième crée des vis-à-vis entre des réalisations historiques et des architectures très récentes. On y fait le point sur l’histoire et l’actualité de l’extension en architecture. Elle établit le guide de lecture de la troisième partie. Référençant cent réalisations récentes, la troisième partie expose les figures et les mobiles de l’extension architecturale aujourd’hui. Considérée, c’est récent, comme un projet d’architecture à part entière, l’extension architecturale est un projet paradoxal, appelé simultanément à assurer la continuité du substrat sur lequel il prend place et à s’en démarquer. |
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| Une série d’œuvres d’art contemporain ponctue l’exposition. Plus que fournir des illustrations, il s’agit de s’ajuster à d’autres points de vue, de perdre le contrôle d’une liste objective. Chaque pièce - ou groupe de pièces - alimente la lecture du corpus architectural et urbain auquel elle fait face. |
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